Motion contre la LPR

L’unité mixte de recherche CNRS Arènes s’associe aux contestations contre la loi de programmation de la recherche (LPR), rejoignant le large mouvement qui depuis janvier 2020 rassemble sociétés et revues savantes, instances représentatives de la communauté scientifique et universitaire, collectifs d’enseignants et de chercheurs. Alors que la recherche et l’enseignement supérieurs ont besoin d’un soutien fort, stable et pérenne de la part des pouvoirs publics, la LPR privilégie un financement de la recherche par projet contreproductif, soumis aux effets de mode et aux logiques bureaucratiques et conduisant à diminuer la part des budgets structurels ; elle aggrave la précarité des personnels par la multiplication d’emplois temporaires (contrats dits « de mission ») et leur recrutement local en créant des « chaires de professeur junior » et en contournant le Conseil national des universités. Plus inquiétant encore, elle prépare une criminalisation de la contestation et de l’expression démocratique dans les universités en introduisant des sanctions lourdes pour « trouble de la tranquillité ou du bon ordre de l‘établissement » d’enseignement (jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende). Pour ces raisons, nous dénonçons à nouveau l’esprit et la lettre de ce texte de loi, qui dessine un avenir inquiétant pour la recherche et l’enseignement ; nous demandons son abrogation, la relance du débat public et la prise en compte des propositions que la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche a formulées sur ces sujets vitaux pour la collectivité.
Le Conseil de laboratoire de l’UMR CNRS Arènes
Publié le 16 Mar 2021