Infos pratiques

Mardi 29 septembre 2020 à 13h30 > 16h00
EHESP - Salle D7 (à confirmer)

Orateur(s)

Lila Le Trividic-Harrache
EHESP / Arènes

Soutenance de thèse de Lila Le Trividic-Harrache

Titre de la thèse : Aux frontières de l’ordre scolaire. Le lycée et ses agents face aux scolarités problématiques

Devant le jury composé de :

  • Vincent DUBOIS – Professeur de science politique et de sociologie, université de Strasbourg/SAGE
  • Sandrine GARCIA – Professeure de sciences de l’éducation, université de Bourgogne Franche-Comté/IREDU – rapporteure
  • Claude MARTIN – Directeur de Recherche en sociologie, CNRS/Arènes
  • Mathias MILLET – Professeur de sociologie, université de Tours/CITERES – rapporteur
  • Agnès VAN ZANTEN – Directrice de Recherche en sociologie, CNRS/CSO
  • Directrice de thèse : Patricia LONCLE-MORICEAU – Professeure de sociologie EHESP/Arènes
  • Co-directrice de thèse : Agnès GRIMAULT-LEPRINCE – Maîtresse de conférences en sociologie, INSPE de Bretagne/CREAD

Résumé : Instance traditionnelle de socialisation historiquement dédiée à la formation de l’élite et construite pour gérer des flux d’élèves, le lycée a connu la massification scolaire et endosse aujourd’hui une « nouvelle » mission d’insertion professionnelle d’une classe d’âge. Alors que la préservation de l’ordre scolaire constitue une préoccupation centrale de nombreux agents, la thèse s’intéresse aux « cas d’élèves », catégorie indigène qui désigne les élèves non conformes à cet ordre. Elle interroge la manière dont le lycée et ses agents s’organisent pour faire face à ces situations, à partir d’une enquête ethnographique et par entretiens. Devant concilier injonctions institutionnelles et contraintes de la pratique, les agents scolaires ont développé une activité qui, en regroupant plusieurs registres de pratiques (signalement, enquête, diagnostic, traitement), leur permet de maîtriser l’incertitude provoquée par les « cas d’élèves ». Cette activité est en partie réalisée par ce que la thèse analyse comme une forme peu bureaucratisée de guichet éducatif qui élabore des solutions individualisées se répartissant sur un continuum entre adaptation et rigidification du cadre scolaire. Or, ce travail et le guichet cristallisent les tensions et les contractions d’une action publique construite pour des groupes mais enjointe de « s’adapter » à des cas. C’est alors aux agents de terrain d’articuler, bon an mal an, la juxtaposition de ces modèles et ainsi de fabriquer une action publique sous contrainte. En outre, le guichet fait l’objet de luttes et de coalitions internes au lycée qui participe à la définition de ses contours et de ses façons de travailler les « cas d’élèves ». La thèse met à jour le processus relationnel et multidimensionnel par lequel le guichet s’institutionnalise et contribue à façonner et fragmenter les destins scolaires de jeunes majoritairement issu·e.s des classes populaires.