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Anne Moyal est enseignante-chercheuse en sociologie au département Sciences humaines et sociales de l’EHESP et rattachée au laboratoire ARENES. Elle est également chercheuse associée au Centre de Sociologie des Organisations.
A l’occasion de la publication de son ouvrage Réguler sans contraindre, L’État et les médecins face aux déserts médicaux (Presses de Science Po, janvier 2026), elle revient sur son parcours et ses recherches.

Portrait de Anne Moyal, janvier 2026 - Photo : EHESP

Anne Moyal à l’EHESP en janvier 2026 – Photo : EHESP

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?

Je suis sociologue, passionnée par l’organisation de notre système de santé et les négociations entre acteurs qui la sous-tendent. Bien plus qu’une question technique, les enjeux organisationnels renvoient à l’accès aux soins et aux conditions de travail des professionnels. Ils sont donc structurant pour les individus. J’ai commencé mes recherches dans le secteur de la santé au Centre de Sociologie des Organisations (CSO), où j’ai réalisé ma thèse sur les maisons de santé pluriprofessionnelles. J’ai travaillé ensuite en tant que postdoctorante sur l’adaptation des organisations de santé à la crise Covid (projet CRISORG, sous la direction d’Olivier Borraz au sein du CSO), ainsi que sur les conditions d’accès aux techniques innovantes en matière de diagnostic et de prescription dans le secteur du cancer (projet INASEQ, sous la direction d’Audrey Vézian au sein du laboratoire Triangle). J’ai finalement intégré l’EHESP en 2023, où je mène des recherches et assure actuellement des enseignements en sociologie de la santé, sociologie des organisations et évaluation des politiques publiques.

Quel est le sujet de vos recherches ?

Mes recherches portent principalement sur les soins primaires en France, avec un focus sur la médecine générale. Je m’intéresse aux relations que le groupe professionnel des médecins généralistes entretient avec les acteurs institutionnels (notamment l’État et l’Assurance maladie) ainsi qu’aux relations interprofessionnelles, entre médecins et autres acteurs du soin. J’ai lancé récemment de nouvelles recherches sur les effets de l’arrivée d’acteurs privés (fonds d’investissement, chaînes de cliniques, notamment) dans la médecine générale.

Pouvez-vous nous parler de votre ouvrage ?

Cet ouvrage, issu de ma thèse, s’intéresse à un dispositif d’organisation des soins primaires, les maisons de santé, qui ont su s’imposer en France comme une solution privilégiée au problème des déserts médicaux. Ces organisations ont pu se développer sur le territoire français du fait de l’alignement d’acteurs politico-administratifs et professionnels (au premier rang desquels des médecins généralistes), qui ont vu dans les maisons de santé une réponse à leurs propres objectifs, différents mais compatibles. Ces organisations, qui précipitent plusieurs évolutions importantes (prises en charge coordonnées et pluriprofessionnelles, nouvelles modalités de rémunération dans le secteur ambulatoire, exercice sous contrat avec l’Assurance maladie…), apparaissent comme un marqueur des évolutions plus profondes de la médecine libérale.

Publié le 28 janvier 2026 sur le site internet de l’EHESP

 

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