Anne-Cécile Renouard
Docteure - Membre associé.e
Statut : Non permanent
Grade : --
Section : 04
Équipe/Chantier/Service : Axe 3 - Action publique, démocratie et territoires en transition / Axe 2 - Mobilisations, espaces publics et médiatiques /
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Bureau : --
Domaines d'expertise
Sociologie des mouvements sociaux
Sociologie de l’action publique
Sociologie de la quantification
Construction des problèmes publics
Démocratie participative
Carrière
problème climatique, politisation, quantification, territorialisation, comptabilité carbone, instrumentation
Diplômée de l’IEP de Rennes, et titulaire d’un DEA d’études européennes de l’IEP de Strasbourg en 2002, Anne-Cécile Renouard démarre un doctorat de science politique sur l’action collective des Roms / Tsiganes en France, Finlande et Italie, sous la direction d’Yves Déloye. Ces recherches portent sur les constructions sociales des catégories Roms, Tsiganes ainsi que sur les modalités de mobilisation et de construction collective en fonction des caractéristiques socio-culturelles et des statuts administratifs relatifs aux différentes populations composant cet ensemble hétérogène dans les 3 pays. Centrée sur la période 2003-2005, cette thèse est arrêtée en cours de réalisation après quelques années d’alternance entre vie professionnelle non-académique et recherche.
Dans le cadre d’une nouvelle thèse, Anne-Cécile Renouard rejoint le CRAPE en 2013 en travaillant sur le recours à l’expertise et aux savoirs scientifiques dans les mouvements sociaux (thématique transition / changement climatique) sous la direction de Sylvie Ollitrault.
Selon une perspective de sociologie des problèmes publics, la thèse portait sur les modalités par lesquelles des acteurs institutionnels d’un côté, des acteurs militants écologistes d’un autre côté, étaient amenés à construire l’enjeu climatique en tant qu’enjeu politique ; de quelle manière leurs discours, arguments ou revendications reposaient sur des savoirs scientifiques ou spécialisés ; dans quelle mesure ces acteurs pouvaient « jouer », reprendre à leur compte, étendre, détourner les conventions de calcul des émissions de GES et plus largement négocier sur les techniques de modélisation énergétique et de scénarisation. En lien avec l’énonciation politique du climat, la questions du déplacement de la frontière entre ce qui est technique et dévolu aux spécialistes, ou politique et intéressant les « citoyens » était centrale dans cette démarche (analyse de la (dé)politisation par singularisation / différenciation / généralisation, etc. ; ressorts de légitimation du recours à l’expertise et de ceux qui sont perçus ou désignés comme experts).
Après avoir analysé les modalités d’accumulation de ressources intellectuelles et scientifiques dans les différentes organisations dans les trois régions (Conseils Régionaux, État en région, associations spécialisées ou non sur les questions énergie-climat), nous avons étudié comment ces savoirs spécialisés étaient mobilisés dans un cadre de concertation organisé à l’échelle régionale et de quelle manière ils participaient au cadrage des enjeux ainsi amenés à la discussion et débattus. Il en ressortait d’une part que la détention de compétences sur les techniques de scénarisation contribuait à des formes de politisation des enjeux sur certains aspects ; d’autre part que les conventions liées au calcul des émissions de gaz à effet de serre produisaient principalement des effets de standardisation et d’uniformisation par l’effacement majoritaire des dynamiques collectives, sociales et culturelles d’émission de GES.
Publications
« « Toutes proportions gardées ? » Les arrangements institutionnels avec les repères quantitatifs du régime climatique à l’aune du Facteur 4, en Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire et Bretagne », Statistique et Société [En ligne], 2025
« Les régions face au défi climatique : déterritorialisation des problèmes, reterritorialisation des dispositifs dans les schémas régionaux climat air énergie », Pôle Sud, 2020/1 (n° 52), p. 113-127
“Constructing a Roma Cause in Contemporary Finland and Italy : the Social and Cultural Significance of Roma and pro-Roma Mobilizations”, Didier Chabanet and Frédéric Royall (dir), From Silence to Protest: International Perspectives on Weakly Resourced Groups, Ashgate, 2014
“Practical Uses of Administrative and Cultural Categories across the Field of pro-Gypsy Activities in France today : Activist Constructions and Adaptations to Political Categorizations”, Bernadette Andreosso-O’Callaghan and Frédéric Royall (dir.), Economic and political change in Asia and Europe : social movement analyses, Springer, 2012
“The Emergence of the Cause of Gypsies in Finland and Italy”, Didier Chabanet and Frédéric Royall (dir.), Mobilising against Marginalisation in Europe, Cambridge, Cambridge Scholars Publishing, 2010
Doctorat en science politique, obtenu le 16 décembre 2022 à l’Université Rennes 1 : « Prendre la mesure du changement climatique. La (dé)politisation du climat au prisme de la quantification dans les politiques régionales en Bretagne, Nord-Pas-de-Calais et Pays de la Loire (2000-2015) », sous la direction de Sylvie Ollitrault
Jury de soutenance : Emmanuel Henry, Sezin Topçu, Daniel Mouchard, Nathalie Berny, Jean-Pierre Le Bourhis

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