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Jeudi 1 octobre 2026 à 08h45 > Vendredi 2 octobre 2026
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Sébastien Segas

Sport et mobilisations environnementales

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Le développement du phénomène sportif depuis plus d’un siècle s’est traduit par une forme d’accélération sociale croissante (Rosa, 2010) dans de très nombreux domaines : performance sportive repoussant sans cesse les limites, besoins en équipements sportifs toujours plus modernes et nombreux, technologisation des pratiques nécessitant des innovations et des nouveaux matériaux, mondialisation des pratiques engendrant des déplacements sur tout le globe, organisation d’événements sportifs relevant d’une course au gigantisme, etc. Cette trajectoire d’économisation et d’industrialisation du sport, en particulier depuis les années 1960-1970, n’est pas sans conséquences sur son empreinte écologique. Le sport engendre à la fois des émissions de gaz à effet de serre sectoriels conséquents, ainsi que des effets directs et indirects non négligeables sur la biodiversité et les écosystèmes, ce qui reflète la « grande accélération » générale depuis l’après-guerre (McNeil et Engelke, 2014). Le nouveau régime climatique (Latour, 2015) dans lequel nous sommes entrés nous amène à reconsidérer les liens qui existent entre le développement du sport et ses effets socio- environnementaux (Pabion, 2025), et envisager un rééquilibrage entre sport, performance et soutenabilité (Svensson et al., 2023).

L’enjeu scientifique de ce symposium est d’appréhender cette thématique sous l’angle plus spécifique des mobilisations écologiques (Comby et Dubuisson-Quellier, 2023), c’est-à-dire de considérer que le sport dans son histoire récente a fait l’objet de critiques, de contestations voire de mouvements sociaux qui reposent sur des grammaires écologistes, plus ou moins entremêlées avec des contestations d’ordre social ou économique. A l’inverse, les populations concernées et les sportifs eux-mêmes se sont parfois organisés pour porter à la connaissance du public l’impact environnemental de leurs activités récréatives, dénoncer l’inaction climatique de certains grands dirigeants du sport ou de certaines fédérations internationales, ou encore contester des projets d’équipements, voire remettre en cause le modèle de certains événements. L’analyse de mobilisations environnementales, à la fois dans et autour du sport, doit nous permettre de comprendre comment ces luttes écologistes se transforment au fil du temps, se territorialisent pour engendrer des conflits de lieux (Déchezelles et Maurice, 2017) ou au contraire se mondialisent sous l’effet de leur médiatisation, mais aussi comment elles interpellent les acteurs du sport et les politiques publiques, en inventant un nouveau répertoire d’actions et en s’engageant parfois dans des formes de désobéissance civile (Hayes et Ollitrault, 2024). Ce symposium rassemblera à la fois des historiens, des sociologues et des politistes afin de porter un regard disciplinaire croisé sur l’évolution des luttes écologistes dans le sport.

Trois thématiques ont été privilégiées dans le cadre de cet événement scientifique.

Le premier thème porte sur les Grands Evénements Sportifs Internationaux (GESI) et leur impact socio-environnemental. Il s’agira de proposer un regard diachronique pour montrer que des formes de critiques écologiques existent parfois depuis plusieurs décennies à l’égard de ces événements (Vonnard, 2024, Field, 2025), de décrire les mobilisations citoyennes et le rôle des organisations environnementales qui contestent l’organisation même des GESI, et enfin de façon plus récente d’analyser de nouvelles formes de radicalité écologique au travers des actions de perturbation d’événements sportifs internationaux.

Le deuxième thème appréhende les équipements sportifs, des piscines aux stades, en passant par les remontées mécaniques de ski alpin, afin de porter un regard nouveau sur leur impact environnemental et l’articulation parfois complexe entre différentes politiques publiques relevant du sport, de l’aménagement, du tourisme, ou de la protection des paysages (Hagimont, 2022; Franco, 2019). Il s’agit aussi de proposer une réflexion sur la façon dont les citoyens et citoyennes sont impliqués (ou non) dans ces projets d’équipements sportifs, et donc les résistances et les mobilisations citoyennes qui émanent parfois, engendrant des luttes locales pouvant prendre des formes variées.

Le dernier thème s’intéresse plus spécifiquement à l’engagement écologique des sportifs et sportives, qu’il s’agisse des athlètes de haut niveau militant pour le climat ou des influenceur·es sur les réseaux sociaux qui en retirent des bénéfices symboliques. Ces formes d’activisme écologique produisent des interactions avec les organisations sportives ou interpellent les décideur·es politiques (Shuman et Vonnard, 2025), et ces actions ont aussi potentiellement des effets sur le déroulement des carrières sportives et professionnelles de ces militants et militantes. Enfin, l’engagement des militant·es se veut parfois aussi collectif, et il paraît nécessaire de produire une analyse plus organisationnelle des structures (ONG, fondations, etc.) qui se créent à l’interface entre les enjeux sportifs et environnementaux pour en saisir les stratégies et les spécificités