Infos pratiques

Mardi 1 décembre 2026 à 14h00 > 17h00
EHESP - Amphithéâtre Gro Harlem Brundtland, bâtiment Condorcet

Intervenant.e(s)

Elsa Vabret
EHESP

Soutenance de thèse d’Elsa Vabret

 

Parcours de soins pré et post transplantation rénale chez les patients âgés de ≥ 65 ans en
France

 

Direction de thèse :

  • Sahar Bayat Makoei, Professeure EHESP

Jury :

    • Cédric Villain, Maître de Conférence Praticien Hospitalier, CHU Caen
    • Dany Anglicheau, Professeur des Universités Praticien Hospitalier, Hôpital Necker
    • Claire Tinel, Professeure des Universités Praticienne Hospitalière, CHU Dijon
    • Cécile Courivaud, Professeure des Universités Praticienne Hospitalière, CHU de Besançon
 

Résumé :

En France en 2024, 63 % des patients débutant un traitement de suppléance rénale avaient 65 ans ou plus. Or, en 2015 la Haute autorité de Santé a recommandé d’évaluer les candidats à la transplantation rénale jusqu’à 85 ans. Ainsi, de plus en plus de patients ≥ 65 ans bénéficie d’une greffe de rein. Cette prise en charge n’est pourtant pas sans risque de mortalité ou de complications.
Nous avons étudié la survie dans la 1ère année post transplantation rénale, notamment l’impact de l’âge, des comorbidités et du parcours de soins pré-inscription sur liste d’attente de transplantation. Nous avons également étudié les durées et motif d’hospitalisation ainsi que l’impact du traitement immunosuppresseur d’entretien sur les hospitalisations pour motif infectieux. Nous avons ensuite étudié la survie entre 1 et 4 ans post greffe. En croisant les données du Registre d’Épidémiologie et d’Information en Néphrologie avec les données du Système National des Données de Santé, nous avons inclus 749 patients âgés de 65 ans ou plus ayant débutés un traitement de suppléance entre le 1/01/2017 et le 31/12/2018 et ayant bénéficiés d’une transplantation rénale avant le 31/12/2020.
La classe d’âge 70-75 ans ou >75 ans n’était pas associée à une moins bonne survie dans la 1ère année de greffe, contrairement à l’Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs, (HR : 1,97, 95% CI [1,02-3,82]). L’âge était néanmoins associé à une durée de séjour de greffe plus longue et à des réhospitalisations plus longues durant la 1ère année de greffe.
Chez les patients vivants avec un greffon fonctionnel après la 1ère année de greffe (N=674), l’âge ≥ 75 ans était associé à une moins bonne survie, contrairement au fait d’avoir eu une transplantation pré-emptive (HR : 0,44 95%CI [0,26-0,74]. La 1ère cause de décès était infectieuse.
Enfin, la bithérapie (anti-calcineurine et anti-métabolite) versus une trithérapie avec corticoïdes était associée à moins d’hospitalisation pour motif infectieux dans la 1ère année post greffe (sHR : 0.7 [0.49-0.94]), sans que cela ne soit associé avec un surrisque de perte de greffon (par retour en dialyse ou décès).
En conclusion, dans notre cohorte de patients ≥65 ans, l’âge civil est associé à des hospitalisations plus longues mais n’est pas associé indépendamment à la mortalité dans la 1ère année. Le retrait précoce des corticoïdes semble être associé à moins d’hospitalisation pour motif infectieux sans augmenter le risque de perte de greffon dans la 1ère année de greffe.