Pour une approche critique de la catégorie de gestion socio-économique comme nouveau mode de gouvernance des territoires.
Une comparaison inter-régionale de la gouvernance de l'interface terre-mer.

Danto Anatole
Sous la direction de : Romain Pasquier

Année de début : 2016
Discipline : Sciences politiques
Localisation : Chizé
École doctorale : ED DSP
Affiliation : Rennes 1

Résumé

L’objectif de cette thèse, qui se situe à l’interface des sciences sociales et des sciences de la nature, avec un fort ancrage en science politique et en anthropologie maritime, est d’explorer la socio-genèse et l’utilisation publique de la catégroie de “gestion socio-écosystémique”. Cette catégorie désigne la gestion d’un espace et d’un territoire basée à la fois sur l’écosystème et la socio-économie. Pour appréhender cette catégorie très concrètement, la focale est mise sur le continuum terre-mer, qui constitue un cas d’étude privilégié pour saisir les enjeux et les implications de la conception et de la mise en œuvre pratique d’une gestion socio-écosystémique des territoires, de leurs ressources et des sociétés qui en dépendent. La thèse se propose ainsi d’interroger la construction et le traitement des problèmes publics environnementaux liés à la gestion des espaces côtiers/littoraux qui représentent la particularité d’être à l’interface du terrestre et du maritime. Ces socio-écosystèmes littoraux, situés le long du continuum terre/mer, des bassins versants à la zone côtière, grands pourvoyeurs de services écosystémiques (ressources alimentaires et énergétiques, régulation des cycles, biogéochimiques, aménités, etc.) sont en effet aujourd’hui de plus en plus vulnérables et menacés (événements climatiques extrêmes, érosion du trait de côte, eutrophisation due aux activités sur les bassins versants et à l’anthropisation croissante du littoral, espèces invasives et migrations d’espèces). Cette recherche s’attache ainsi à décrypter les stratégies de « gestion socio-écosystémique », les registres mobilisés (désectorialisation, intégration, décentralisation), les acteurs impliqués et les instruments utilisés. Elle permet de saisir les conditions de possibilité mais aussi d’impossibilité (facteurs bloquants, résistances et contraintes) de mise en œuvre d’une gestion « durable » des territoires. Pour ce faire, des enquêtes de terrain croisant les approches des sciences humaines et sociales et des sciences de la nature, sont réalisées sur trois territoires d’étude privilégiés : le grand ouest de la France (et sa façade Nord-Atlantique/Manche-Ouest), comme démonstrateur principal, faisant l’objet d’importants regards comparatifs avec d’autres zones-atelier / LTSER (Long term ecological research) existants : les côtes allemandes du Schleswig-Holstein de la Baltique et de la Mer du Nord, archipel de Saint-ïerre et Miquelon, dans une logique de façade maritime régionale. Cette analyse à l’échelle de ces sites permet une nécessaire territorialisation de la problématique.